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Deux questions à Françoise Martin-Saintève, directrice de la formation continue inter-entreprises, IGS Formation Continue
Une interview de Christine Chedal, consultante CNIDOS Formation, pour IGS Formation Continue
Le rôle des personnes chargées aujourd'hui de la rémunération globale au sein de l’entreprise est essentiel. Le Groupe IGS leur dédie un tout nouveau cycle de formation. Directeur de la Gestion des Dirigeants et de la Politique de Rémunération du Groupe La Poste, Régis Lozet, nous présente le Certificat de Maîtrise de Compétences Politique et Stratégie de Rémunération dont il est co-concepteur avec l'IGS en qualité de directeur pédagogique.
Concepteur et directeur pédagogique du Certificat de Maîtrise de Compétences (CMC) Négociation sociale et Management des conflits, Yves Halifa nous présente ce nouveau cycle de formation proposé par le Groupe IGS.
Bien manager les métiers et les compétences représente depuis longtemps un enjeu majeur pour les entreprises. Mais avec la Loi Borloo, la GPEC peut aussi devenir l’objet d’une négociation obligatoire dans la logique d’anticipation des mutations économiques (ou a minima d’accompagnement de ces mutations), qu’appellent de leurs vœux tous les acteurs de l’Emploi en France. Il est donc essentiel que l’entreprise dispose en interne d’une fonction Ressources Humaines susceptible d’initier puis de piloter dans la durée une démarche emploi - compétences. IGS Formation Continue propose donc une formation d’expertise RH, le Certificat de Maîtrise de Compétences (CMC) Management des Compétences aux personnes concernées par la GPEC. Gérard Merienne, directeur pédagogique du CMC, expose le cadre juridique actuel et les grands principes de la GPEC et présente ce nouveau cycle de formation.Pour l’association Développement et Emploi qui a initialisé et popularisé les démarches de GPEC en France, il est plus juste de parler de GPPEC, la Gestion Prévisionnelle devant être également Préventive. Il s’agit de « concevoir, mettre en œuvre et suivre des politiques et des plans d’actions cohérents pour réduire par anticipation les écarts entre les besoins et les Ressources Humaines de l’entreprise, en fonction de sa stratégie, en impliquant le salarié dans le cadre d’un projet d’évolution profession-
nelle ». Cette démarche de pilotage des RH ne date d’ailleurs pas de la Loi Borloo. Elle est apparue dans les années 1980. Au début des années 1990, période marquée par la crise économique et le retour du « court termisme », beaucoup ont estimé, après quelques années d’expérimentation et de dérive instrumentale, qu’il s’agissait d’une « usine à gaz ». Aujourd’hui, ce sentiment perdure en arrière-plan et conduit à se démarquer en parlant de « GPEC 2e génération ».
La GPEC ne peut s'envisager qu'en relation étroite avec la stratégie de l’entreprise afin d’évaluer les besoins en effectifs, en compétences, en types de métier, et identifier les écarts avec les Ressources Humaines en place. La GPEC conduit également à revisiter la Gestion des RH classique, sans modifier les processus RH en vigueur mais en rendant lisibles les fondements des politiques de recrutement, de formation, de mobilité…, et en optimisant l’adéquation entre compétences détenues par les salariés et activités à réaliser pour que la stratégie de l’entreprise se mette effectivement en oeuvre. Avec la GPEC, le travail de chaque salarié est rattaché à la stratégie globale de l’entreprise. La GPEC modernise la fonction RH, qui devient un véritable Business Partner.
Si la GPEC existe depuis longtemps, pour quelle raison voter une nouvelle loi ?
Le législateur a-t-il souhaité prendre le relais des organisations de salariés et d’employeurs qui n’avaient pas réussi à s’entendre sur le traitement social des restructurations (cf. H.-J. Legrand in Droit Social, n° 3, mars 2006) ? Reste que le lien est immanquablemment fait désormais entre GPEC et anticipation des restructurations voire Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE), une façon peut-être de revenir ainsi à la logique préventive de la GPEC. Ces (faussement) nouvelles contraintes juridiques devraient obliger les entreprises concernées à engager une démarche emploi - compétences, en premier lieu, puis à négocier avec les partenaires sociaux et à mettre en œuvre les dispositions prévues au risque, le cas contraire, de voir le juge suspendre le plan social.
Que dit exactement la Loi Borloo ?
Depuis le 1er janvier 2006, l’entrée en vigueur d’une des dispositions de la Loi oblige toute entreprise comptant plus de 300 salariés à une négociation triennale « portant sur les modalités d’information et de consultation du comité d’entreprise sur la stratégie de l’entreprise et ses effets prévisibles sur l’emploi et sur les salaires ». De plus, et nous arrivons précisément au sujet qui nous concerne, la négociation doit également porter « sur la mise en place d’un dispositif de gestion prévisionnelle des emplois et des compétence, sur laquelle le comité d’entreprise est informé, ainsi que sur les mesures d’accompagnement susceptibles de lui être associées, en particulier en matière de formation, de validation des acquis de l’expérience (VAE), de bilan de compétences ainsi que d’accompagnement de la mobilité professionnelle et géographique des salariés ». Pour les entreprises de moins de 300 salariés, la Loi Borloo reprend des éléments de la réforme de la formation comme l’aide apportée par l’Etat aux PME qui veulent se lancer dans une démarche de GPEC.
La Loi Fillon relative à la formation professionnelle évoquait aussi la GPEC ?
L’accord national interprofessionnel (ANI) du 20 septembre 2003, qui a précédé la Loi Fillon, prévoit en effet la création par branche professionnelle d’observatoires prospectifs des métiers et des qualifications, une disposition inscrite dans la Loi. Nous sommes encore une fois dans une démarche de GPEC : chaque observatoire est en effet censé travailler sur les métiers et sur leur évolution afin que « chaque salarié soit en mesure d’élaborer et de mettre en œuvre un projet professionnel qui tienne compte non seulement des besoins en qualification de son entreprise ou, plus généralement, de ceux du monde économique, mais également de sa propre ambition de développer ses connaissances, ses compétences et ses aptitudes professionnelles ».
Dans le cadre de la GPEC, comment passer de la gestion collective à la mise en œuvre individuelle ?
Il s’agit de donner aux salariés une visibilité globale sur la stratégie de l’entreprise et sur l’évolution des métiers afin que chacun puisse construire un projet professionnel réaliste. Au final, ce sont bien les personnes qui doivent bouger, se former, évoluer, se repositionner éventuellement. La GPEC, il faut le rappeler, est certes finalisée sur la réussite de l'entreprise, le développement de sa compétitivité, sa pérennisation, mais aussi sur le maintien et le développement de l'employabilité des salariés.
Quels sont les moyens d’accompagnement à mettre en avant ?
La GPEC se concrétise, nous l’avons évoqué, dans une gestion des RH renouvelée et des plans d’actions en matière de mobilité interne et externe, de recrutement, de formation, d’organisation du travail. Ces plans d’actions doivent être soumis au dialogue social, soutenus par la communication, mis en œuvre par le management. Pour que la démarche GPEC dans son ensemble n’apparaisse pas lourde et complexe, il faut la dimensionner selon la problématique spécifique de l’entreprise et surtout s’appuyer sur des professionnels capables de comprendre ses enjeux, disposant d’une bonne connaissance des métiers, de capacités relationnelles solides, de qualités pédagogiques, de négociation et de leadership. L’objectif général du CMC Management des Compétences créé par IGS Formation Continue est d’apporter au management opérationnel de telles ressources.
Comment est conçu le CMC Management des Compétences ?
Nous abordons d’abord l’état des lieux et les enjeux de la gestion des compétences puis nous traitons les deux approches évoquées, l’approche anticipatrice et collective et l’approche individuelle. La première approche relève plutôt du domaine de l'analyse diagnostic, la seconde, qui concerne la gestion des parcours professionnels, est du registre de l'action. Nous travaillerons sur le management de projet « métiers - compétences » et sur l’actualité des problématiques et des enjeux des démarches compétences. A l’issue de sa formation, le participant connaîtra les différentes démarches et outils rattachés à la GPEC, leurs limites et les conditions de la réussite. Il sera aussi en mesure de lier stratégie de l’entreprise et management des compétences, de soumettre à sa direction des solutions adéquates et, bien sûr, de les argumenter. Cette question de l’adéquation est primordiale car nul ne doit entreprendre une démarche sans se poser la question de sa pertinence par rapport aux besoins réels, aux problématiques spécifiques de l’organisation et à la stratégie qui va nécessairement impacter les processus de GRH classiques. Enfin, le participant saura manager la mise en place de la démarche comme un projet, en tenant compte de l’histoire et de la culture de l’entreprise et des jeux de pouvoir entre les acteurs.
Dans l’entreprise, quelles sont les personnes concernées par le CMC Management des compétences ?
Toute personne issue de l’opérationnel ou de la fonction RH mettrant en œuvre une démarche de GPEC au sein de son entreprise, responsable Métier, responsable d’un projet Compétences, est concernée par le CMC Management des Compétences. Mais le CMC s’adresse aussi à des fonctions de type responsable de Développement RH, Emploi mobilité, Formation, Recrutement ou Gestion des carrières, qui n’ont pas obligatoirement à lancer de démarches mais contribuent à la gestion des compétences de leur organisation.
Quels sont les principes pédagogiques du CMC Management des Compétences ?
L’approche pédagogique de ce CMC exige que chaque contribue à une mission liée à la gestion des compétences, une mission qui peut concerner l’amélioration d’un processus existant comme la mise en place et le lancement d’un processus original. Par ailleurs, sa responsabilité dans l’entreprise doit être clairement définie ou permettre une large autonomie. Le dispositif proposé par IGS Formation Continue associe des séquences de formation « classiques », en présentiel, à un accompagnement à distance et combine apports théoriques, mises en situation, mises en commun des pratiques et conseils. Un important travail de réflexion sur la situation spécifique de leur entreprise est demandé aux participants, un état des lieux, une présentation des pratiques… Quelle est la problématique de l’entreprise par rapport à la GPEC ? Quels en sont les enjeux réels ? Autant d’interrogations qu’il est légitime de se poser. Ce CMC doit déboucher sur la mise en place d’un plan d’action concret adapté à la problématique et au contexte de chacun des participants.